Compte rendu du 11 novembre 2013

COMPTE-RENDU DU GERMOIR DU LUNDI 11 NOVEMBRE 2013

Présents : Benoît, Régis, Laurent, Catherine, Pauline, Michel, et Anne-Laure (représentante du Mouvement Colibri national, en charge de l’animation des groupes locaux)
Le but de ce Germoir était : demander à Anne-Laure d’éclaircir pour nous le « protocole de collaboration » qui permet lacréation d’un groupe local Colibri
Nous nous sommes retrouvés à 18h30 chez Benoît avec Anne-Laure, Régis, Laurent et Catherine, et avons partagé un repas en échangeant sur nos parcours et nos envies autour de la philosophie de Pierre Rabhi. Michel nous a rejoint pour la réunion proprement dite.
Nous avons demandé à Anne-Laure :
– de nous expliquer d’où vient ce protocole
– de nous en expliquer certains termes (notamment les postes requis)
– de nous parler des autres groupes locaux, des initiatives qu’ils ont mises en place

L’ORIGINE DU PROTOCOLE

Ce document a vu le jour lors d’une rencontre le 4 mai 2012 qui faisait suite à la campagne « Tous candidats » : 40 événements avaient été organisés le 30 mars (affichages, forums Transformons Nos Territoires). L’idée était de suivre les projets ayant émergé de ces événements, et les participants du 30 mars ont été invités à se réunir. 20 à 30 personnes sont venues, et ont travaillé sur la question de la règle commune à se donner, de la base ou du cadre à partir desquels faire vivre un groupe local. Le résultat a été compilé sous la forme du présent protocole.
Ce n’est pas un document figé, il est au contraire appelé à être modifié en fonction des usages que l’on en fait (le titre serait à revoir, le visuel aussi, le national a repéré un bon nombre de failles…) : c’est à ceux qui le pratiquent de le faire évoluer.
Le protocole ne reste qu’un document, l’important c’est l’Ethique : le groupe est censé être en cohérence avec l’Ethique du Colibri puisqu’il va représenter la philosophie du mouvement et de Pierre Rabhi.
Evolution des outils
Il y a un an, 8 groupes locaux avaient signé le protocole. Aujourd’hui il y en a 30, plus 10 à 15 en réflexion comme nous autour d’Angers.
Les groupes locaux ne se sont pas tous constitués de la même façon.
La particularité des Colibris, c’est qu’ils adhèrent au mouvement national mais restent éparpillés, ou peuvent s’organiser en cercles qui ne sont pas concentriques et qui ne se recoupent pas forcément. Il faut donc faire avec ceux qui sont là, avec les outils à notre disposition (pas d’accès au listing national pour des raisons de protection des données, mais possibilité de passer par le réseau social des colibris colibris.ning.org, ou demander une diffusion par l’intermédiaire du national, qui peut relayer nos infos, et par ce biais alimenter notre liste de diffusion).
Les outils vont aussi être amenés à évoluer, notamment par le nombre croissant des groupes qui voient le jour (ils ne sont que 2 à Paris Anne-Laure et Alain – pour s’occuper d’animer le réseau des groupes !). L’idée de faire parrainer les nouveaux groupes par d’autres groupes déjà formés fait son chemin…
Vie des groupes locaux
Des réunions déchanges nationales entre groupes locaux sont aussi organisées de temps en temps, la prochaine étant programmée pour le 29-30 novembre – 1er décembre 2013 à Limoges.
L’idée de ces « Rencontres Réseau » est de créer des liens entres les groupes : chaque groupe délègue 2 à 3 personnes à la rencontre.
En décembre 2012, une réunion s’était tenue aux Amanins.
Cet été, une autre rencontre avait pour objet la nouvelle gouvernance au niveau global.
Celle qui vient sera l’occasion de parler de sujets concrets, il y aura des ateliers sur les pratiques des groupes.
Question de Catherine : Comment fait-on pour mettre en place un groupe local, à partir du protocole et de l’éthique ?
Anne-Laure :
Les groupes locaux sont des éléments vivants qui appartiennent au réseau Colibri et sont chargés des mêmes missions :
– inspirer : nationalement, ça se concrétise par des supports de communication, la publication des livres du « Domaine du Possible », par les diverses campagnes qui sont lancées
– relier : le mouvement chercher à créer du lien en partant de rencontres et de constats que beaucoup d’acteurs vont dans le même sens, et qu’en parvenant à se relier, on peut créer un effet de masse qui permet d’avancer (exemples : NEF, AMAP, Terre de Lien…)
– soutenir : assurer la visibilité des initiatives, par le biais des newsletters, du magazine Kaizen, par leur signalisation sur la carte des initiatives sur le site du mouvement.
Chaque groupe local va décliner ces missions (inspirer / relier / soutenir) de la manière la plus cohérente localement, l’essentiel étant de partir des envies des personnes du groupe, des choses où l’on veut mettre de l’énergie.
Exemple à Avignon : le groupe a voulu travailler sous forme de sous-cercles créatifs, en procédant par tirage au sort pour désigner une personne référente pour chaque sous-cercle. L’ennui, c’est que les personnes désignées n’étaient pas toujours motivées par le sous-cercle qui leur était attribué (exemple donné : le sous-cercle sur le thème de l’économie). Conclusion d’Anne-Laure : ce n’est pas intéressant de se forcer, il faut s’investir dans quelque chose qui nous parle, sinon on s’épuise. Si certains thèmes ne sont pas retenus au départ, ça viendra peut-être plus tard.

LES RÔLES DÉFINIS DANS LE PROTOCOLE

La désignation des différents rôles a un but principal : faire en sorte qu’il n’y ait pas une seule personne qui porte le groupe. Il faut créer un noyau dur (certains groupes parlent d’équipe coeur, de groupe moteur  ).
C’est la condition pour que le groupe soit pérenne et vivant, que son existence ne dépende pas de quelqu’un qui peut être amené à déménager, ou à avoir moins de temps, etc.
Le protocole reste une base. Si dans le groupe, on trouve que tel ou tel rôle est mal défini, ou qu’on aimerait en rajouter un pour clarifier une mission, ça ne pose aucun problème.
Par contre, il est demandé qu’au minimum 4 personnes s’engagent.
Questions de Benoît, pour relayer des interrogations d’autres membres du groupe absents ce soir : Que désigne le terme de Coordinateur, n’y a-t-il pas une dimension pyramidale qui découlerait de cette qualification ? Quels sont les modes de gouvernance possibles, et les processus de décision (risque du consensus : limite les possibilités d’action, compliqué s’il y a des absents) ? Quels écarts peut-on envisager vis-à-vis du protocole ?
Anne-Laure :
Les rôles du protocole peuvent être tenus par plusieurs personnes. D’ailleurs, la plupart des groupes ont 2 coordinateurs. Et aujourd’hui, c’est tout le « noyau coeur » qui doit signer le protocole et l’éthique, et non plus le seul coordinateur. Tous les membres de cette équipe moteur sont garants de l’éthique du groupe, c’est de la responsabilité de chacun.
Dans certains groupes, on a même une équipe de coordinateurs, qui ensuite se répartissent les rôles, l’idée est d’encourager un fonctionnement participatif. Le rôle du coordinateur n’est pas de trancher mais il peut être intéressant de prévoir des recours en cas de conflits ou de prise de décision difficile.
Un groupe peut définir une charte relationnelle au départ (modifiable au fur et à mesure) ou commencer par se lancer dans les actions, puis décider d’en rédiger une en cas de problèmes entre les personnes.
De toute manière, les décisions doivent se prendre (quitte à redéfinir les choses ensuite).
On peut se donner un périmètre de décision sur telle ou telle situation.
Certains groupes ont besoin de poser un cadre au départ, pour se permettre d’y être libre ensuite, d’autres préfèrent se lancer dans l’action, quitte à cadrer plus tard.
Anne-Laure rappelle que « Le chemin est plus important que le résultat » !
Il y a plusieurs façons de fonctionner, par exemple les élections sans candidats (chacun dit qui il voit faire quoi), pour d’autres groupes c’est en fonction des envies de chacun, d’autres groupes changent de coordinateur tous les 6 mois.
Benoît intervient : pour lui, il est important que les rôles tournent, pour éviter toute appropriation, et pour lui adhérer au protocole signifie aussi que le mail de contact sera quelque chose comme « angers@colibris »  et non plus sa propre adresse mail, car il se retrouve mis en cause personnellement pour les décisions du groupe puisque seul son nom apparaît…
Souplesse d’application du protocole
Le plus important est de respecter l’éthique et la charte Colibri, ensuite on a une base pour faire que le groupe soit vivant. Cette base est adaptable suivant le fonctionnement du groupe. Par exemple, un groupe qui fonctionne en sous-cercles qui se réunissent déjà une fois pas mois, peut ne faire de réunion « groupe » que tous les deux mois. Idem pour les contacts avec le national : tous les deux mois ça va aussi !
Importance de se constituer ou pas en association
Anne-Laure nous indique que sur les 30 groupes existants, peu sont constitué en association, et souvent c’est surtout pour une fausse bonne raison (besoin d’ouvrir un compte, de réserver une salle, de s’assurer). Anne-Laure encourage à faire sans, en restant créatif et en jouant le jeu des relations avec dautres structures locales : si il y besoin dune salle, une autre asso peut la louer pour nous / etc.
Le sujet sera débattu à Limoges.
Intérêt de formaliser un groupe local
C’est avant tout d’être identifié et identifiable, notamment pour l’équipe nationale, qui a besoin de savoir qui appeler pour avoir ou relayer des infos (par exemple pour avoir du contenu à mettre dans Kaizen), et pour orienter les autres Colibris du territoire, créer du lien entre eux, et avec les autres acteurs du territoire également.
L’intention du national, en encourageant les personnes à faire partie du réseau, est de créer des ponts et rendre visibles tous ces Colibris éparpillés. Le national est réellement au service des groupes.
Quant au « droit de regard » du national sur la conformité ou pas des groupes avec la charte et l’éthique, il n’y a pas eu besoin de l’exercer jusque là. Le national intervient en fait surtout lorsqu’il y a une demande de médiation dans un collectif.
Le mot « Colibri » est déposé, mais beaucoup l’utilisent. 70 000 personnes se reconnaissent dans les valeurs du mouvement et se sont enregistrées sur le site, on ne peut pas aller vérifier si leurs actions sont conformes ou pas à l’éthique, et d’ailleurs ce n’est pas du tout l’idée, au contraire. On peut aussi être un Colibri « en germination » !
Jusqu’à aujourd’hui, l’adhésion à Colibri est une adhésion personnelle. Les structures ne peuvent pas adhérer et se revendiquer Colibri, mais par contre un partenariat peut exister et les personnes de la structure indiquer qu’elles se reconnaissent dans le valeurs de Colibri, elles peuvent mettre un lien vers le site Colibri sur leurs supports de communication, etc.

EXEMPLES DE PROJETS MENÉS PAR LES GROUPES LOCAUX

– Projection des films, animations autour de projections
Des groupes organisent des rencontres autour de films, sans forcément de « débat » ensuite mais un échange participatif pour interpeler les spectateurs sur le mode « Et vous, quelle est votre part ? »
Pour le film Au nom de la Terre, il y a des droits de diffusion (voir avec le distributeur Nour Films).
Le film sur l’école du Colibri aux Amanins, « Quels enfants laisserons-nous à la planète » est en revanche libre de droits (pour une projection hors cinéma). Des groupes ont organisé des projections suivies de jeux coopératifs, ou d’une animation commune avec une association pour la communication non-violente…
– Etre porteurs de projet
Certains groupes décident de porter des projets, le plus souvent avec d’autres associations (aucun groupe ne porte seul un projet important). Exemple : à Strasbourg, le groupe participe à la création d’une monnaie locale.
Question de Benoît : Quels sont les projets légers qui sont créateurs de lien ?
Anne-Laure :
A Bordeaux, il y a dans le groupe un restaurateur, qui organise une soirée tous les mois dans son restaurant, sur une thématique particulière. Par exemple, un repair-café (chacun amène quelque chose qui ne fonctionne plus et on essaie ensemble de le réparer).
A Lille, le groupe organise des Carrot-mobs : on flèche quelque chose qui a une valeur environnementale, sur une action ponctuelle. Exemple : un boulanger doit changer son four et veut financer un matériel plus économe en énergie ; le groupe va mobiliser tout le monde pour acheter chez ce boulanger et lui permettre de réunir les fonds, avec en contrepartie l’engagement du boulanger de bien utiliser ces fonds pour le matériel à visée écolo).
Dans un groupe, on peut aussi décider d’organiser deux types de réunions :
– une fois par mois, un réunion « sérieuse » destinée aux prises de décisions
– à d’autres moments, des soirées Colibri pour échanger sur un sujet, rencontrer d’autres acteurs de la transition (ex : sur le covoiturage, la monnaie locale, la communication non-violente, la biodanza,…), avec un repas sous forme d’auberge espagnole, et une personne qui se charge d’introduire le sujet choisi
On peut encore envisager plein de choses, par exemple faire une gratiferia pour réunir tout le monde…
Question de Benoît : Comment font les groupes pour financer leurs actions ?
Anne-Laure :
Pour le moment, c’est de l’auto-financement, chacun participe. C’est une question qui sera aussi débattue à Limoges.
(A ce propos, le déplacement à Limoges est défrayé, à hauteur de 100 euros par groupe local, soit l’équivalent du coût hébergement+repas pour une personne ; la rencontre dure 2,5 jours et on doit compter 30 € par personne par jour)
Pour le choix du nom du groupe :
On ne peut pas s’appeler Colibri 49 car il peut se créer d’autres groupes sur le territoire du Maine-et-Loire. On peut choisir Colibri49Angers, même si ensuite on communique en disant les Colibris d’Angers. A La Rochelle, ils ont choisi « Colibris Pays Rochellais » car ils ne sont pas tous de La Rochelle
 
Lensemble des personnes présentes valide lidée de profiter du prochaine germoir (germoir du décembre) pour 
* choisir le nom de groupe
* s’engager en signant le protocole
* faire une première répartition des rôles
* avancer sur le projet de site internet
Il est aussi question de voir si on ne peut pas changer la date des germoirs (actuellement le vendredi mais cela n’arrange pas tout le monde)

ANNEXE : FONCTIONNEMENT DE LA PRISE DE DÉCISION PAR CONSENTEMENT

C’est une dynamique d’intelligence collective proche de la sociocratie.
On met un sujet sur la table, puis on demande si quelqu’un veut faire une proposition sur le sujet.
Une personne va porter cette proposition.
On fait alors un 1er tour des personnes présentes, le tour de clarification : on vérifie que tout le monde a compris l’intitulé, les mots composant la proposition.
Ensuite on fait un 2ème tour, le tour de réaction : chacun s’exprime sur la proposition.
En fonction des réactions, la personne porteuse de la proposition décide de modifier ou non celle-ci.
Il y a ensuite le 3ème tour, le tour d’objection : chacun essaie de dire si cette proposition met en danger la vie du groupe, si on peut vivre avec. L’objection doit se faire au nom du collectif, pas en fonction d’une préférence personnelle (ce qui est très difficile).
Le groupe essaie de voir alors ce qui pourrait lever l’objection. S’il y a trop d’objections ou qu’une personne reste attachée à son objection, on peut décider de faire une nouvelle proposition et de recommencer le processus.
L’avantage de ce type de fonctionnement :
La proposition n’est pas toujours portée par la même personne, ni d’ailleurs par celle qui a lancé le sujet au départ. Il faut que quelqu’un se lance. Ca permet à des personnes réservées de s’exprimer, notamment au cours des différents tours.
Ce processus fonctionne pour un groupe jusqu’à 30 personnes.
Catherine fait remarque que cela permet à chacun de se sentir concerné et acteur dans la prise de décision.

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